Il y a ce verbe anglais que j'aime beaucoup... "muse"... qu'on traduit généralement par songer ou méditer. Je l'associe souvent à une humeur doucement mélancolique... C'est le mot qui m'est venu ce soir alors que j'essayais de mettre des mots sur les émotions qui me traversaient en regardant les flammes de notre foyer...
Je vais être honnête, je fais partie de ces mères que d'aucun (surtout d'aucune) regarde un peu de haut à la sortie de l'école... Antonin est un petit garçon plein d'énergie, ses problèmes de vue le rendent malhabile, et puis c'est une petite cocotte minute... Souvent ses émotions le submergent, ses colères sont fréquentes, il invente régulièrement de nombreux "rituels" qu'il entend faire respecter à la lettre... Une façon pour lui de se rassurer, de canaliser son chaos intérieur...
Il m'arrive souvent de me trouver démunie face à ces manifestations si peu "conformes" à ce qu'il est de bon ton d'attendre d'un enfant de 5 ans "bien élevé"... Antonin fait figure d'un petit sauvageon. Je le reconnais volontiers: je tâtonne souvent, et, c'est vrai, j'accepte beaucoup de choses de sa part... Il m'a toujours paru évident qu'il ne servirait à rien de chercher à le "contraindre" à rentrer dans le moule et d'user d'autorité. Et comme je suis loin d'avoir une confiance en moi du tonnerre, je sens alors les regards appuyés de certaines mamans, ou des nourrices des petits camarades de mon petit zèbre... Elles me reprochent peut-être de donner un bien mauvais exemple à leurs chers bambins... Et c'est loin d'être facile à vivre... ça m'atteint, je le reconnais. Dur, dur de se sentir jugée et estampillée "mère qui décidément ne sait pas y faire".
Soyons clairs, il m'arrive souvent aussi de perdre patience, de crier... Mais j'ai toujours considéré ces moments où je finis par exploser comme un terrible aveu d'échec et de faiblesse... Je voudrais savoir m'ajuster toujours un peu plus et être une aide, plutôt qu'un obstacle, pour lui permettre de gérer ce tourbillon intérieur qui l'habite...
Alors, c'est vrai, vu de l’extérieur, je suis une mère laxiste... La mère "à la ramasse" par excellence: celle qui n'insiste pas pour que son fils ait son bonnet vissé sur la tête avant de sortir (surtout quand je ne porte pas moi-même de bonnet même si, officiellement, c'est l'hiver...), celle qui n'en fait pas un drame si son pantalon est tâché ou troué quand elle va le chercher à midi parce qu'il a joué pendant la récréation, celle qui accepte qu'un petit homme de 5 ans lui dise "aujourd'hui tu dois passer par là et c'est moi qui passe en premier!", celle qui ne lui fait pas la leçon dans le couloir et devant ses petits camarades si sa maîtresse m'a informée (pas toujours discrètement il faut le dire) qu'il a poussé un autre enfant pendant la récréation (on en reparlera une fois rentrés à la maison), celle qui lui demande de faire attention à ne pas bousculer les gens sur le trottoir mais qui n'en fait pas toute une histoire s'il lui arrive de frôler d'un peu trop prêt un de ses petits camarades alors qu'il file sur sa draisienne pour retourner à la maison, celle qui accepte que son fils aille plusieurs mètres devant sur le trottoir sans insister pour qu'il reste accroché à la poussette de sa sœur pendant tout le trajet parce que c'est plus prudent (Et puis je sais qu'il s'arrêtera au bout du trottoir et m'attendra pour traverser, n'en déplaise à certains), celle enfin qui accepte que son fils parle un peu fort, s'exclame à propos de choses et d'autres, s'invente des histoires...
Et la plupart du temps j'assume... Surtout quand je lis les ouvrages d'Isabelle Filliozat ou Catherine Gueguen...
Mais ce soir, c'est dur....
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lundi 5 décembre 2016
mardi 21 juin 2016
Faut-il les laisser à l'école?
C'est la question qui m'obsède en ce moment... Les jours passent, et l'envie de reprendre la main gagne du terrain. L'instruction en famille? Bien sûr que j'y pense! Pas tant pour mes deux grands garçons: l'aîné entre au lycée l'année prochaine, après un moment de flou à la fin de sa cinquième, il s'est repris en main; même s'il a le plus souvent l'impression de perdre son temps, il a bien compris les enjeux, il sait qu'il doit fournir les efforts nécessaires s'il veut entrer dans une des écoles de son choix. Mon deuxième semble plutôt épanoui cette année et a eu de bons résultats en cinquième. Son entrée en quatrième ne m'inquiète pas particulièrement, même si nous savons tous deux qu'il va falloir passer à la vitesse supérieure à partir de l'année prochaine et travailler d'avantage.
Je reste cependant médusée devant le peu d'exigence du travail demandé en collège et qui semble tellement dénoter avec ce qui m'était demandé quand j'avais leur âge, notamment en français. En quatrième j'avais déjà lu Stendhal, Zola et Balzac... Aujourd'hui, on se contente de quelques nouvelles de Maupassant... et puis c'est tout? Je réalise soudain que j'ai trop longtemps fait confiance à l'institution scolaire: je ne voulais pas être une maman toujours sur le dos de ses enfants à coups de cours particuliers et de devoirs supplémentaires; du moment que les résultats étaient là et qu'ils semblaient épanouis, je les laissais tranquilles... Je suis heureuse que d'eux-mêmes ils soient venus me voir, chacun séparément, le mois dernier pour me dire qu'ils n'y trouvaient pas leur compte et qu'ils voulaient aller plus loin... J'aurai à coeur de les accompagner cet été et l'année prochaine en ce sens... Et ce surtout en raison de la réfome ridicule dont ils auront à faire les frais...
Reste mon troisième fils et c'est à son sujet surtout que l'inquiètude grandit... Quoi faire? L'année dernière, son année de petite section a été compliquée et ses problèmes de vue n'ont pas aidé... Son année de moyenne section se termine plutôt bien: il s'entend bien avec sa maitresse, s'entend plutôt bien avec ses petits camarades, et ces derniers temps, il a l'air heureux d'aller à l'école le matin... Alors où est le problème me direz-vous? Le problème c'est qu'il fait des progrès phénoménaux ces derniers temps... mais qu'il les fait à la maison... Parce que j'ai réalisé qu'il ne recevait pas la "nourriture" dont il avait besoin à l'école... Depuis quelques semaines, nous avons commencé à faire des petites activités simples autour des lettres, je l'ai invité à faire des travaux graphiques et de découpage... Rien de révolutionnaire... Mais il a soudain décollé, alors qu'à l'école on aura passé l'année à souligner son retard généralisé... Et je m'en veux d'avoir réagi si tard!
Alors oui, le retirer de l'école et reprendre la main, j'y pense sérieusement... Et j'observe... J'exerce une vigilance accrue... Pour le moment il est tout à sa joie de devenir un "grand" l'année prochaine... Il n'a pas manifesté de répugnance particulière vis-à-vis de l'école... Je ne pense donc pas à l'instruction en famille pour lui pour l'année prochaine... Mais j'aimerai mettre en place un programme parallèle à la maison: pas quelque chose qui fasse double emploi... un complément... Je cherche, je prends des notes, je réfléchis...
Je lis beaucoup ces derniers temps, je glane des idées ici ou là, et j'essaie de me donner des lignes directrices pour l'année prochaine... A force de m'inspirer de toutes ces mamans qui pratiquent l'IEF et dont je lis les programmations déjà prêtes, me voilà moi aussi projetée dans la prochaine année scolaire avant même d'avoir terminé la présente... J'aime leur enthousiame, leur capacité à voir loin...
Une certitude émerge ce matin: j'ai cessé de faire confiance à l'éducation nationale... Quelle tristesse! Et il est bien possible que ma fille ne mette jamais les pieds dans une école...
Je reste cependant médusée devant le peu d'exigence du travail demandé en collège et qui semble tellement dénoter avec ce qui m'était demandé quand j'avais leur âge, notamment en français. En quatrième j'avais déjà lu Stendhal, Zola et Balzac... Aujourd'hui, on se contente de quelques nouvelles de Maupassant... et puis c'est tout? Je réalise soudain que j'ai trop longtemps fait confiance à l'institution scolaire: je ne voulais pas être une maman toujours sur le dos de ses enfants à coups de cours particuliers et de devoirs supplémentaires; du moment que les résultats étaient là et qu'ils semblaient épanouis, je les laissais tranquilles... Je suis heureuse que d'eux-mêmes ils soient venus me voir, chacun séparément, le mois dernier pour me dire qu'ils n'y trouvaient pas leur compte et qu'ils voulaient aller plus loin... J'aurai à coeur de les accompagner cet été et l'année prochaine en ce sens... Et ce surtout en raison de la réfome ridicule dont ils auront à faire les frais...
Reste mon troisième fils et c'est à son sujet surtout que l'inquiètude grandit... Quoi faire? L'année dernière, son année de petite section a été compliquée et ses problèmes de vue n'ont pas aidé... Son année de moyenne section se termine plutôt bien: il s'entend bien avec sa maitresse, s'entend plutôt bien avec ses petits camarades, et ces derniers temps, il a l'air heureux d'aller à l'école le matin... Alors où est le problème me direz-vous? Le problème c'est qu'il fait des progrès phénoménaux ces derniers temps... mais qu'il les fait à la maison... Parce que j'ai réalisé qu'il ne recevait pas la "nourriture" dont il avait besoin à l'école... Depuis quelques semaines, nous avons commencé à faire des petites activités simples autour des lettres, je l'ai invité à faire des travaux graphiques et de découpage... Rien de révolutionnaire... Mais il a soudain décollé, alors qu'à l'école on aura passé l'année à souligner son retard généralisé... Et je m'en veux d'avoir réagi si tard!
Alors oui, le retirer de l'école et reprendre la main, j'y pense sérieusement... Et j'observe... J'exerce une vigilance accrue... Pour le moment il est tout à sa joie de devenir un "grand" l'année prochaine... Il n'a pas manifesté de répugnance particulière vis-à-vis de l'école... Je ne pense donc pas à l'instruction en famille pour lui pour l'année prochaine... Mais j'aimerai mettre en place un programme parallèle à la maison: pas quelque chose qui fasse double emploi... un complément... Je cherche, je prends des notes, je réfléchis...
Je lis beaucoup ces derniers temps, je glane des idées ici ou là, et j'essaie de me donner des lignes directrices pour l'année prochaine... A force de m'inspirer de toutes ces mamans qui pratiquent l'IEF et dont je lis les programmations déjà prêtes, me voilà moi aussi projetée dans la prochaine année scolaire avant même d'avoir terminé la présente... J'aime leur enthousiame, leur capacité à voir loin...
Une certitude émerge ce matin: j'ai cessé de faire confiance à l'éducation nationale... Quelle tristesse! Et il est bien possible que ma fille ne mette jamais les pieds dans une école...
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